Plainte à propos d’un segment de l’émission de Pénélope McQuade avec la chroniqueuse Florence-Agathe Dubé-Moreau sur la nouvelle règle du CIO pour l’admissibilité dans la catégorie féminine.

(28 mai 2026)

Lien vers la chronique : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/2386839/fille-sports-avec-florence-agathe-dube-moreau

Par François Chapleau, professeur émérite, Département de biologie, Université d’Ottawa

Document soumis à l’ombudsman de Radio-Canada, le 18 juin 2026.

(En date du 9 août, Radio-Canada ou la chroniqueuse n’a pas répondu à celle-ci)

Une grande partie de cette plainte a été publiée (en version légèrement modifiée) en 4 volets sur Facebook. Voici les liens :

Volet 1 : https://www.facebook.com/share/p/19Ti3xMM7m/

Volet 2 : https://www.facebook.com/share/p/1EQUv4Cnt2/

Volet 3 : https://www.facebook.com/share/p/19BA422oyD/

Volet 4: https://www.facebook.com/share/p/1DuQqU9Kjv/

Introduction

Lors de l’émission de Pénélope McQuade (Radio‑Canada) du 28 mai 2026, Florence‑Agathe Dubé‑Moreau a présenté une chronique sur le nouveau critère d’admissibilité aux catégories féminines des sports olympiques [1]. Malheureusement, Mme Dubé‑Moreau n’a pas offert une perspective juste de ce critère. Tout au long de sa chronique, elle a démontré une connaissance limitée des enjeux réels et a déformé la science ainsi que la réalité qui sous‑tendent la décision du CIO. Elle affirme fonder ses propos sur l’avis d’« experts et expertes » ou de « scientifiques », sans toutefois les identifier.

Je suis conscient que l’émission a eu lieu il y a presque trois semaines, mais je commençais alors un voyage outre‑mer et j’ai dû reporter la rédaction de cette critique.

Je suis également conscient qu’en tant qu’ombudsman, vous ne pouvez pas vous prononcer sur les propos tenus par des invités ou des commentateurs, puisque les normes et pratiques journalistiques (NPJ) ne s’appliquent qu’aux journalistes à l’emploi de Radio‑Canada (R.‑C.). Je vous demanderais toutefois de bien vouloir acheminer cette lettre de plainte à la direction de l’Information de R.-C. et à la direction de R.C. qui chapeaute l’émission de Mme McQuade, ainsi qu’à l’animatrice et à la commentatrice des sports. Pour ces dernières, j’en appelle à leur conscience professionnelle pour qu’elles apportent les correctifs appropriés en ondes.

Ma critique se veut constructive, mais aussi très franche, et ne doit pas être perçue comme une attaque personnelle. Cependant, je considère qu’un rectificatif doit être fait, car il s’agit ici de mésinformation. Les Canadiens sont en droit de s’attendre à mieux de leur diffuseur public. Je suis disponible pour répondre aux questions, y compris en ondes.

Dans sa chronique, Mme Dubé‑Moreau a proposé des éléments de « réflexion » visant à démontrer que la décision d’exclure les femmes trans de la catégorie « femme » serait injustifiée, alors que la décision du CIO vise simplement à s’assurer que la catégorie sportive « femme » demeure équitable et sécuritaire.

Je diviserai ma critique en plusieurs points qui couvrent l’ensemble de la chronique. La plupart des réponses aux objections se trouvent déjà dans les deux documents suivants produits par le CIO que je citerai à quelques reprises dans ce texte :

  1. Politique du CIO sur la protection de la catégorie féminine dans le sport olympique et principes directeurs pour les Fédérations internationales et autres instances dirigeantes sportives (https://stillmed.olympics.com/media/Documents/International-Olympic-Committee/EB/policy/policy-on-the-protection-of-the-female-category-french.pdf)
  2. Foire aux questions concernant la Politique du CIO sur la protection de la catégorie féminine dans le sport olympique et principes directeurs pour les Fédérations internationales et autres instances dirigeantes sportives. (https://www.olympics.com/cio/athletes/recherche-medicale/faq-politique-cio-protection-categorie-feminine)

  1. La décision du CIO serait liée à la pression exercée par le président Trump et par la tenue des Jeux olympiques à Los Angeles en 2028

Voici ce que Mme Dubé-Moreau dit au début de sa chronique sur ce sujet (pour faciliter la lecture, toutes mes transcriptions des propos de Mme Dubé-Moreau sont partiellement épurées) :

 « En mars dernier, on annonçait du côté du CIO que les femmes trans seraient désormais exclues des épreuves féminines aux Jeux olympiques. L’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation va coïncider donc avec les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, ce qui n’est pas anodin parce que, rappelez-vous, un des premiers décrets que Donald Trump avait signés à son retour au pouvoir en 2025 concernait justement les athlètes trans et visait à exclure ces athlètes-là des équipes féminines. Ce qu’on cherchait à faire, c’est vraiment d’empêcher les athlètes trans de pratiquer des sports féminins. On ciblait les écoles, les universités et les associations sportives et ça a vraiment déboulé rapidement du côté des États-Unis. La NCAA, qui est comme la grosse organisation qui supervise le sport universitaire, à tout de suite emboîter le pas. On a vu aussi des lois passer dans différents états à travers les États-Unis. Le comité olympique et paralympique des États-Unis aussi a interdit aux femmes trans de concourir dans les sports féminins au niveau des équipes nationales. Donc, tout ça amène beaucoup de pression sur le CIO, évidemment parce que les prochains jeux [seront] aux États-Unis évidemment et, en plus, parce que ce décret-là, comprenait aussi certaines clauses qui disaient que les États-Unis allaient refuser en fait des visas les athlètes trans qui souhaiteraient concourir aux États-Unis. Donc voilà, un an plus tard à peu près depuis ce décret-là, le CIO a annoncé que lui aussi allait exclure les femmes trans des épreuves féminines. »

Mon commentaire :

Il n’existe aucun document connu ni aucune prise de position officielle du CIO qui laisse entendre que les décrets de Donald Trump ont influencé sa décision sur la catégorie féminine. Si la commentatrice avait lu les textes explicatifs publiés par le CIO, elle aurait pu communiquer aux auditeurs comment le CIO a procédé pour en venir à sa décision, les raisons et la science qui justifient le changement et la procédure de mise-en-place de cette directive concernant l’admissibilité dans la catégorie « femme ». Ce texte ne fait pas référence aux décrets présidentiels américains.

J’ai produit un encadré qui explique le contexte historique qui précède cette décision.

Début de l’encadré

Contexte historique de la décision du CIO sur l’admissibilité dans la catégorie féminine

Pour comprendre le contexte de cette décision, il faut remonter à la création même de la catégorie féminine en 1900. Pendant tout le XXᵉ siècle, la protection de cette catégorie au sein du mouvement olympique (CIO) repose principalement sur la détection d’éventuels imposteurs. De 1900 à 1930, l’admission des femmes aux Jeux olympiques se fait sur simple présentation de documents d’état civil (acte de naissance, passeport), sans examen médical. De 1930 à 1968, sous la crainte d’hommes se faisant passer pour des femmes, de nombreuses fédérations ainsi que des compétitions de haut niveau (mais pas le CIO, voir [2]) imposent des « tests de féminité » intrusifs et humiliants, fondés sur l’inspection visuelle et l’examen gynécologique, parfois identifiés sous le terme de « parades de la nudité ». À partir de 1968, ces pratiques sont remplacées par des tests génétiques : d’abord la détection des corpuscules de Barr sur frottis buccal (jusqu’en 1992), puis, entre 1996 et 1999, la recherche du gène SRY sur le chromosome Y, marqueur du sexe masculin [3].

En 1999, ces tests systématiques sont abandonnés, principalement pour des raisons sociales et politiques, et ce, malgré le fait qu’un sondage du CIO réalisé à l’époque indiquait que 82 % des athlètes olympiques féminines étaient en faveur du maintien des contrôles de vérification du sexe et que 94 % déclaraient ne ressentir aucune anxiété face à cette procédure [3].

À partir des années 2000, il n’existe plus de tests systématiques d’identification sexuelle. Une nouvelle politique est mise en place pour permettre à des personnes transgenres ou présentant des anomalies du développement sexuel (les DSD ou personnes intersexes), porteur d’un chromosome sexuel Y (46,XY), de concourir dans la catégorie féminine [4]. Cette politique repose sur l’idée, aujourd’hui rejetée, que ces athlètes ne bénéficient pas d’un avantage significatif par rapport aux femmes biologiques et que leur présence ne pose pas de problème d’équité ni de sécurité lors des compétitions.

De nouveaux règlements encadrant l’accès à la catégorie féminine sont alors adoptés, en particulier pour les personnes transgenres et les personnes de caryotype XY (mâles) présentant des anomalies du développement sexuel (voir le Consensus de Stockholm de 2003 [5] et le Consensus de 2015 [6]).

Le critère d’éligibilité adopté est désormais lié à la sensibilité aux androgènes (tels que la testostérone) et à leurs effets physiques connus (force, vitesse, masse musculaire, etc.). Concrètement, les principales conditions d’admissibilité dans la catégorie féminine reposent sur le respect de seuils maximaux de concentration plasmatique de testostérone, maintenus pendant une période déterminée.

En 2021, le CIO délègue finalement aux fédérations internationales la responsabilité de définir les critères d’admissibilité à la catégorie féminine, se contentant de proposer un cadre directeur [7] qui n’est pas pleinement aligné avec l’état des connaissances scientifiques [8].

Parallèlement, depuis les années 2000, la médecine et la science sportive ont progressé et il est apparu évident que la fixation d’un taux maximal de testostérone pour participer à la catégorie féminine ne suffisait pas à rendre une femme trans ou une personne DSD 46,XY athlétiquement équivalente à une femme. En réalité, les avantages acquis pendant la puberté masculine (en termes de vitesse, de force et de puissance) ne disparaissent que très partiellement, même après plusieurs années de suppression hormonale [8].

Ainsi, au fil des études, l’argument en faveur de l’inclusion des personnes trans au nom de l’équité s’est progressivement effrité. Cet argument a laissé la place à un autre, beaucoup plus fragile d’un point de vue sportif, fondé sur la seule reconnaissance du sexe légal et de l’identité de genre.

Ce changement de paradigme est apparu problématique pour l’organisation des compétitions. Baser l’éligibilité uniquement sur l’identité de genre ou le sexe légal, sans tenir compte de la biologie et des effets durables de la testostérone, a conduit à des règles inégales et difficiles à défendre. Ceci menace l’intégrité de la catégorie féminine, qui n’admet plus alors des personnes présentant des caractéristiques physiques comparables.

C’est dans ce contexte que le CIO a décidé de réviser sa politique en 2024, avec pour objectif de :

• réaffirmer l’importance d’une catégorie féminine protégée, afin de garantir une compétition perçue comme juste par les sportives elles-mêmes et par l’ensemble des acteurs du sport ;

• fonder les critères d’accès au sport d’élite sur des éléments objectifs, principalement d’ordre biologique, et non plus seulement sur des critères juridiques ou identitaires.

Fin de l’encadré

En plus, si Mme Dubé-Moreau avait lu les documents du CIO, les auditeurs auraient appris que le processus le plus récent de révision de l’admissibilité dans la catégorie « femme » a débuté en septembre 2024 et qu’il a entrainé la formation d’un groupe de travail fait de personnes qui « provenaient des cinq continents et comptaient des spécialistes des sciences du sport, de l’endocrinologie, de la médecine spécialisée dans la transidentité, de la médecine du sport, de la santé des femmes, de l’éthique et du droit. En parallèle, des médecins-chefs des FI [Fédérations internationales] ont également été sollicités pour représenter des sports individuels et d’équipe. » [p.1]

Les auditeurs auraient appris que la décision répondait à un objectif d’assurer l’équité et la sécurité dans les compétitions féminines. Ils auraient appris, contrairement à ce que Mme Dubé-Moreau a suggéré, que l’exclusion des femmes trans des compétitions féminines est une des conséquences de la décision du CIO, mais que cela n’a jamais été l’objectif. Cette exclusion n’est pas politique ou idéologique, elle est rationnelle et fondée sur des données (voir ci-dessous). 

Ce nouveau cadre est fondé sur les données scientifiques actuelles sur l’écart de performance sportive entre femmes et hommes ; cet écart étant lié à un développement corporel sous l’influence de la testostérone chez les hommes.

Les auditeurs auraient également appris qu’une consultation auprès de plus de 1100 athlètes a permis de détecter « un consensus très large… en faveur de règles d’admission pour la catégorie féminine fondées sur le sexe biologique » [p. 5]. Il y est également dit : « que les critères d’admission fondés sur le sexe légal ou l’identité de genre ne concordaient pas avec les objectifs [d’équité et de sécurité] du CIO en ce qui concerne la catégorie féminine » (p.5).

Suggérer que la décision du CIO est liée au retour de Donald Trump au pouvoir relève donc de la pure spéculation. Dire que la décision visait l’exclusion des femmes trans des catégories féminines est également faux. La vérité mérite d’être connue par les auditeurs. Un rectificatif s’impose.

2. Il n’y aurait pas de données qui démontrent que les femmes trans auraient un avantage inhérent sur les femmes cisgenres dans le sport.

Mme Dubé-Moreau dit : 

« Le premier point de réflexion a trait aux données scientifiques qui entourent la performance des athlètes trans dans le sport. En fait, le problème ici, ça peut paraître surprenant vu l’ampleur du débat qui a entouré cette question, le problème, c’est qu’il n’y a pas vraiment de données, en fait, il n’y en a pas, qui montrent que les femmes trans auraient un avantage inhérent sur les femmes cisgenres dans le sport. Les organisations, les chercheurs et chercheuses sont unanimes là-dessus et n’arrivent pas à conclure, hors de tout doute, que les athlètes trans ont automatiquement un avantage. »

Mon commentaire :

Cette affirmation ne correspond pas aux données scientifiques actuellement disponibles sur le sujet. Il est faux de prétendre qu’il existe un consensus parmi les chercheurs et les chercheuses selon lequel il n’y aurait aucune différence athlétique entre un homme transféminisé (femme trans) et une femme. Si tel était le cas, le CIO n’aurait pas pris la décision qu’il a prise. Il s’agit donc de désinformation.

De nombreuses études démontrent qu’un homme, transféminisé ou non, possède, un « avantage physiologique masculin » important et durable par rapport à une femme. Il ne s’agit pas d’une opinion politique ou idéologique, mais d’un constat biomédical et sportif. D’ailleurs, ceci est expliqué dans le document qui accompagne la décision du CIO [p. 3].

La science est claire. Les particularités développementales du corps masculin se mettent en place très tôt (in utero), se développent durant l’enfance et se manifestent pleinement à la puberté sous l’effet de la testostérone. Plus spécifiquement, les hommes connaissent 3 grands pics de testostérone au cours de leur vie : avant la naissance, peu après, puis à partir de la puberté [9] avec des taux en moyenne 15 à 20 fois plus élevés que chez les femmes [10]. Cette exposition prolongée entraîne des différences permanentes : augmentation marquée de la taille, masse musculaire plus importante et plus puissante, densité et solidité osseuse accrues, cœur et poumons plus volumineux, nombre de globules rouges plus élevé, masse grasse plus faible, élévation de l’hémoglobine et de la capacité aérobie, etc. (voir figure 1).

Figure 1. Tirée de [8].

À entraînement comparable, ces caractéristiques confèrent, en moyenne, aux hommes un avantage de performance significatif dans tous les sports qui exigent force, puissance ou endurance, avec des écarts de 10 à 50 % dans de nombreuses disciplines, ce qui rend les compétitions directes entre hommes et femmes largement déséquilibrées [11]. [voir figure 2]

Fig. 2. Tirée de [11].

Chez les hommes transféminisés, des études longitudinales indiquent que ni la baisse de testostérone ni les traitements de transition de genre n’effacent complètement les avantages acquis pendant la puberté [8]. En fait, la perte est marginale. Autrement dit, l’avantage musculaire acquis pendant la croissance masculine n’est que légèrement réduit par l’hormonothérapie, même sur une période prolongée. On observe des résultats comparables pour la plupart des caractéristiques physiques liées à l’« avantage physiologique masculin ».

Cette constatation est logique, mais aussi intuitive. Ainsi, un homme mesurant 1,83 m (6 pieds) conservera, même après la suppression de la testostérone, sa taille, sa structure osseuse, la longueur de ses membres et l’essentiel des adaptations corporelles, comme au niveau du cœur et des poumons acquis pendant sa croissance.

Ainsi, dans le document qui accompagne sa récente décision, le CIO dit, avec raison, « qu’il n’existe actuellement aucune preuve que les traitements de suppression de la testostérone ou les hormonothérapies de transition éliminent cet avantage [physiologique masculin] »

C’est sur cette base scientifique, qui s’est raffinée au cours des 20 dernières années, que le CIO, comme d’autres fédérations sportives, a revu ses règles.

Mme Dubé-Moreau a donc désinformé le public sur ce sujet et doit rectifier ses affirmations.  

3. Trois arguments de Mme Dubé-Moreau pour réfuter la différence physique entre les femmes et les femmes trans dans les sports : i) sexisme, ii) le fait qu’une femme a gagné un ultramarathon et iii) l’écart de performance entre les hommes et les femmes dans le sport tendrait à disparaître et que des records autrefois détenus par des hommes sont désormais battus par des femmes.

Spécifiquement, dans la discussion, Mme Dubé-Moreau a dit :

  1. « une petite préconception sexiste basée sur le fait qu’on a tendance à assumer que tous les hommes sont plus forts que toutes les femmes »
  2. Une « américaine est arrivée 1 h avant le proche rival qui était un homme lors d’un ultramarathon »
  3. « dans certains sports justement, en ce moment, on voit l’écart se fermer entre les performances féminines et masculines, où on voit des femmes justement battre des records qui étaient détenus par les hommes »

Mon commentaire

Les arguments avancés ne sont pas solides ou non pertinents lorsqu’on examine sérieusement les données scientifiques disponibles.

  1. Qu’il existe des stéréotypes sexistes ne dit rien, en soi, de l’existence ou non d’un avantage physiologique moyen lié à la puberté masculine (taille, masse musculaire, densité osseuse, capacité aérobie, etc.). La question scientifique porte sur des mesures objectives et comparées de performance entre hommes et femmes, pas sur des enjeux sociaux. Les différences moyennes de performance post‑puberté entre les sexes existent et sont documentées.
  • En science, un cas individuel n’a aucune valeur probante pour trancher une question de population. En recherche, on s’intéresse à des échantillons suffisamment larges et contrôlés avant de faire de conclure.

La discipline de l’ultra-endurance est très particulière, puisque certains écarts de performance entre hommes et femmes liés au sexe semblent plus faibles que dans la majorité des sports olympiques. [12]

Le fait que quelques rares femmes (parce qu’il y en a plus qu’une) ont remporté un ultramarathon ne signifie pas que, globalement, les femmes auraient rattrapé ou dépassé les hommes d’un point de vue sportif. Il s’agit de performances individuelles exceptionnelles, réalisées par des athlètes au talent, à l’entraînement et à la préparation remarquables, qui parviennent à battre, sur une course donnée, les hommes présents ce jour-là. [12]

Cela ne remet cependant pas en cause les différences physiologiques moyennes entre les sexes, bien documentées dans la littérature scientifique : masse musculaire plus élevée, VO₂max supérieure, hématocrite plus important et taille corporelle généralement plus grande qui confèrent en moyenne un avantage de performance aux hommes dans les sports d’endurance, y compris en ultramarathon [11].

Les victoires féminines dans un contexte mixte et athlétique, même si elles sont impressionnantes et inspirantes, demeurent très rares à l’échelle de l’ensemble des compétitions. Elles montrent surtout que le haut niveau féminin peut se situer parfois au-dessus de nombreux hommes, mais elles n’impliquent pas une égalité ni une inversion systématique des performances moyennes entre les sexes de haut niveau.

Depuis les années 1980, les performances sportives maximales des femmes restent inférieures à celles des hommes, avec un écart moyen stable d’environ 10 % entre les records mondiaux masculins et féminins dans la plupart des disciplines (course, natation, cyclisme, etc.) [13], ce qui suggère que, pour des raisons biologiques liées au sexe, les femmes ne rattraperont pas globalement le niveau de performance des hommes dans ces sports. [13]

Finalement, après avoir effectué une recherche dans la littérature des Jeux olympiques et des grands évènements sportifs, je n’ai trouvé aucun cas où les records féminins absolus dépassent les records masculins dans les sports de force, de puissance ou d’endurance dans les disciplines de haut niveau standardisées et bien documentées. L’affirmation de Mme Dubé-Moreau est donc dénuée de fondement si elle n’est pas accompagnée d’une quelconque preuve de ce qu’elle avance.

En conclusion, lorsqu’on examine attentivement les trois arguments de Mme Dubé-Moreau, le premier n’est pas pertinent au débat, le deuxième n’est pas fondé sur des données convaincantes et aucune donnée ne confirme le troisième. Je le répète : quelques cas atypiques ou situations spécifiques ne contredisent pas l’ensemble massif de données montrant un écart moyen de performance post-puberté entre catégories hommes et femmes. Je pense qu’elle doit également faire un rectificatif à propos de ces affirmations.

4.Le test génétique SRY n’est pas fiable, les hommes ne sont pas testés et, selon notre charte canadienne, le CIO n’a pas le droit de faire ces tests.  

Mme Dubé-Moreau affirme :

« Comment le CIO va-t-il faire respecter cette réglementation ? C’est là où ça devient un petit peu crunchy parce que le CIO nous dit que toutes les femmes qui vont vouloir compétitionner dans la catégorie féminine vont devoir être testées. Qu’est-ce que ça veut dire ? On nous dit que ça va être un test qui va arriver juste une fois dans la vie des athlètes. Il va consister en un dépistage génétique SRY, qui est un test qui fait à partir de salive ou qui peut aussi être fait à partir d’un échantillon sanguin et qui sert à déterminer le sexe biologique. Et là, c’est aussi un point qui chicote les experts et les expertes parce que le sexe biologique, ça se mesure à partir de six marqueurs. Ce test SRY n’en mesure qu’un seul. Pour les scientifiques il y a un enjeu ici parce qu’on ne pourra pas, à partir de cet unique test chromosomique, déterminer que c’est une vraie femme “hors de tout doute”. Puis l’autre enjeu, c’est que ce n’est pas tous les hommes qui ont ce marqueur et ce n’est pas toutes les femmes qui ne l’ont pas. Il y a comme une espèce de brouillage ici. L’autre enjeu, bien sûr : il y aura un test systématique pour les femmes, mais pour la catégorie féminine, mais il n’y aura aucun test du côté des hommes. Si vous me dites que vous êtes un homme et que vous voulez conquérir dans la catégorie masculine, il n’y aura pas de test pour valider cette information. Un autre point vraiment qui, je trouve, est très intéressant d’un point de vue éthique, c’est qu’au Canada, selon notre charte des droits et libertés, on n’a même pas le droit de conduire ces tests-là fait aussi un enjeu d’application de cette réglementation-là au niveau planétaire. Comment les pays vont-ils mettre en place ces tests de dépistage ? »

Mon commentaire

Le CIO a établi que le critère d’admissibilité dans la catégorie féminine serait l’absence totale, et non partielle de l’« avantage physiologique masculin » chez l’athlète participante, tel qu’évalué notamment par la présence du gène SRY, qui constitue un excellent indicateur d’un tel avantage. En lisant la documentation du CIO, Mme Dubé-Moreau aurait pu communiquer aux auditeurs que la probabilité d’identification exacte du sexe mâle ou femelle en fonction de la présence ou absence du gène SRY est supérieure à 99,9 %, et la probabilité pour une personne porteuse du gène SRY d’être de sexe masculin est également supérieure à 99,9 %. De plus, la documentation du CIO explique comment, il entend gérer ces tests.

De plus, une simple lecture de cette documentation aurait permis à Mme Dubé-Moreau d’expliquer aux auditeurs que le CIO affirme que : « La manière la plus précise et la moins intrusive à ce jour de déterminer le sexe biologique consiste à tester la présence du gène SRY, un segment de l’ADN presque toujours présent sur le chromosome Y, qui initie le développement sexuel masculin in utero et signale la présence de testicules. » Le document précise que « la présence du gène SRY est immuable et constitue donc un indicateur plus fiable du sexe biologique que les mesures de taux de testostérone, lesquelles sont variables et peuvent être modifiées. Le dépistage du gène SRY est presque toujours suffisant pour déterminer le sexe aux fins de l’admission des athlètes. »

Plus spécifiquement, ce test vérifie la présence d’un gène SRY qui se trouve uniquement sur le chromosome sexuel Y. Ce chromosome est présent uniquement chez les hommes (XY) ; les femmes ont deux chromosomes sexuels X (XX), donc pas de gène SRY. Ce gène, lorsqu’il est activé, déclenche, dès la 6ᵉ – 7e semaine de développement de l’embryon, la cascade développementale du système reproducteur mâle [4]. Même si la présence ou l’absence de ce gène permet de classifier une personne comme mâle ou femelle de façon exacte dans plus de 99,9 % des cas, le CIO a pris soin d’expliquer les procédures que les athlètes féminines doivent suivre si un test positif est obtenu (personne avec le gène SRY). C’est le cas des personnes XY (mâle) qui ont une insensibilité totale à la testostérone. Ces personnes n’ont donc acquis aucun avantage physiologique mâle durant leur développement sexuel et pourraient alors être admissibles dans la catégorie femme. Madame Dubé-Moreau n’a pas parlé de ces cas. [14]

De plus, Mme Dubé Moreau n’indique pas la signification ou la source de son affirmation selon laquelle il y aurait six marqueurs pour déterminer le sexe et que la détection du gène SRY ne serait pas fiable. Je soupçonne que son idée provient de la thèse, très discutable, qui consiste à diviser le développement humain en « sexes » ou « couches » biologiques : chromosomique, génétique, gonadique, hormonal, morphologique interne et morphologique externe. L’utilisation du terme « sexe » pour décrire ces couches est inappropriée. Ce type d’approche par strates est d’ailleurs parfois utilisé en clinique pour diagnostiquer les anomalies du développement sexuel (personnes intersexes) [15].

Ainsi, le test génétique SRY utilisé par le CIO ne porterait que sur un seul « sexe » ou une seule « couche », celle des chromosomes. Il serait alors possible, selon cette logique, que les autres « couches » produisent des résultats divergents liés à des développements sexuels atypiques.

Cette idée de multiples « niveaux » de sexe a été reprise par certains scientifiques [16] [17] pour nourrir l’illusion que la définition du sexe serait beaucoup plus complexe que la binarité mâle–femelle. Or, la complexité de la biologie sexuelle découle du sexe : elle ne le définit pas et elle ne remet pas en cause l’existence de la binarité.

De plus, l’idée de strates ou de couches sexuelles fragmente ou compartimente artificiellement ce qui est, en réalité, le déroulement d’un programme développemental séquentiel, ordonné et continu, inscrit dans les gènes. Le sexe d’une personne est donc le résultat d’une construction biologique intégrée et complexe, et non un simple assemblage de couches indépendantes [18].

Dans cette perspective, il est particulièrement pertinent d’examiner le critère retenu par le CIO pour l’admission dans la catégorie féminine, qui est fondé sur l’absence d’« avantage physiologique masculin » chez l’athlète. Si le gène SRY est fonctionnel, la probabilité que la personne développe des éléments de cet avantage se situe à plus de 99,9 %. L’absence de gène SRY constitue donc un critère fiable de l’absence de cet avantage masculin. Donc, l’utilisation potentielle de 5 autres marqueurs, quel qu’il soit, est donc inutile. 

Quant à l’affirmation de Mme Dubé-Moreau selon laquelle « ce n’est pas tous les hommes qui ont ce marqueur et ce n’est pas toutes les femmes qui ne l’ont pas », elle n’a rien à voir avec la problématique du CIO. Ainsi, si on ne considère que la perspective biologique des mâles et des femelles (c’est-à-dire, qu’on exclut l’identité de genre et le sexe légal), l’affirmation de Mme Dubé-Moreau est exacte. Mais elle « oublie » de dire que ces cas sont infinitésimalement rares et que ces personnes ont souvent des pathologies sévères et importantes qui rendent leur participation dans des sports de compétition grandement improbables.

Je le répète : le document du CIO discute explicitement des cas exceptionnels de DSD et propose une solution qui fait en sorte que personne ne soit ignoré ni exclu de la possibilité de participer aux Jeux olympiques dans la catégorie correspondant à son sexe biologique, pourvu qu’il ou elle se qualifie dans cette catégorie.

Aussi, Mme Dubé-Moreau crée un faux problème en disant qu’elle trouve injuste qu’« il y aura un test systématique pour les femmes pour la catégorie féminine, mais il n’y aura aucun test du côté des hommes. Si vous me dites que vous êtes un homme et que vous voulez conquérir dans la catégorie masculine, il n’y aura pas de test pour valider cette information. »

L’explication est toute simple et intuitive. L’absence d’un test chez les hommes ne vient pas d’un biais contre les femmes, mais de la structure même des catégories, et du fait qu’il n’y a que deux sexes. Pour le CIO, l’objectif est clair, il impose des critères pour la catégorie féminine dans le but de protéger l’équité et la sécurité entre femmes. C’est tout. La catégorie masculine devient alors une catégorie « ouverte » : toute personne qui ne remplit pas les critères d’éligibilité à la catégorie féminine y est admissible. Tester les hommes pour le sexe n’ajouterait strictement rien à l’intégrité des compétitions, puisque leur catégorie n’exclut personne sur la base d’un « avantage physiologique masculin ».

Mme Dubé-Moreau affirme que « qu’au Canada, selon notre Charte des droits et libertés, on n’a même pas le droit de conduire ces tests-là ».

Je n’ai pas vu dans la Charte canadienne des droits et libertés une interdiction explicite des tests d’identification de sexe dans le sport de haut niveau ou dans d’autres circonstances. La charte impose plutôt le respect de l’égalité, de la dignité, de la vie privée et de l’intégrité physique.

Ce qui peut être problématique, ce ne sont pas tous les contrôles ou tests, mais les pratiques discriminatoires, intrusives ou injustifiées ou les manquements aux normes de confidentialité. Or, ces tests de sexe sont imposés aux femmes pour des questions de sécurité et d’équité. Le CIO s’assure d’un consentement libre et éclairé. Les tests ne sont pas intrusifs (échantillon de salive ou prise de sang) et la manipulation des données respecte toutes les règles de confidentialité. Le document du CIO est d’ailleurs très explicite sur tous ces aspects et les athlètes féminines sont très majoritairement en faveur de ces tests [19]. En ce qui regarde, les pays qui interdisent ces tests, le CIO recommande de les faire alors que les athlètes sont à l’extérieur du pays ; aucune loi ne peut empêcher un athlète de faire ces tests à l’extérieur de son pays.

Affirmé qu’« on n’a même pas le droit de faire ces tests » revient à simplifier la situation à l’excès : le droit encadre strictement ces pratiques ; il ne les bannit pas.

Encore ici, Mme Dubé-Moreau a erré. Des rectificatifs sont nécessaires. 

5.Le sexe est un spectre.

Mme Dubé-Moreau affirme : 

« J’ai envie de vous dire c’est que plusieurs experts et expertes attirent notre attention sur le fait que ce type de testage là risque d’éclipser aussi complètement le fait que, depuis plusieurs décennies, les études autour du corps humain nous montrent que le sexe biologique en un peu comme le genre ; ça se rapprocherait beaucoup plus d’un spectre que de deux pôles bien définis masculins féminins »

Mon commentaire

Mme Dubé-Moreau a lancé cette affirmation sans l’expliquer ou sans en examiner les conséquences. Est-ce qu’elle veut dire que si le sexe est un spectre, il ne devrait pas y avoir de catégories sexuelles dans les sports ? Donc, que le « testage » est inutile ? On ne le sait pas.

Or, en biologie, le sexe n’est pas un spectre [18]. Il se définit par la capacité d’un individu d’avoir une physiologie/anatomie capable, potentiellement, de produire l’un des deux types de gamètes : soit un petit gamète mobile (spermatozoïdes), soit un gros gamète immobile (ovocytes) [20] [21]. Il n’y a pas de troisième type de gamète ou de troisième sexe. Les pseudo-experts qui affirment que le sexe est un spectre confondent la variabilité et la complexité de la biologie sexuelle, qui n’est certes pas simple, avec la définition du sexe, qui, elle, est strictement binaire.

Chez l’humain, le sexe est déterminé dès la fécondation et ne peut pas changer tout au long de la vie. Les personnes présentant des variations ou des anomalies du développement sexuel (les intersexes ou DSD) font partie de la diversité à l’intérieur de chacun des deux sexes, puisqu’ils produiront soit de petits gamètes ou de gros gamètes, il n’existe pas de troisième type de gamète.

Donc, la catégorisation homme/femme du CIO est pleinement justifiée. 

Mme Dubé-Moreau a de nouveau erré et doit affirmer que les catégories sexuelles dans les sports sont réelles et nécessaires pour assurer l’équité et la sécurité des femmes dans les compétitions sportives.

6.Il y a tellement peu de personnes trans que cette réglementation semble excessive.

 Mme Dubé-Moreau a dit :

« Puis là, bon, devant toute l’ampleur et l’énergie de cette affaire-là, de ces nouvelles réglementations-là, on peut se demander, mais il y en a combien ? Quelle est l’ampleur de ce bassin d’athlètes ? Puis, quand on regarde les chiffres, depuis la fin des années 90 du côté des Jeux olympiques, y en a eu une seule athlète femme trans qui a concouru, elle s’appelait Laurel Hubbard, elle a concouru pour la Nouvelle-Zélande et elle n’a pas passé les qualifications et ne s’est même pas classée. »

Mon commentaire :

Ils sont peu nombreux, mais il y a eu plus d’un athlète trans aux Jeux olympiques ou aux Jeux paralympiques depuis l’an 2000 (merci à WDIQuébec pour cette information). On peut penser, par exemple, à Stephanie Barrett (tir à l’arc, JO de Tokyo 2021, Canada), à Valentina Petrillo (sprint T12, Jeux paralympiques de Paris 2024, Italie) ou encore à Chelsea Wolfe, homme transidentifié sélectionné comme réserviste en BMX freestyle pour l’équipe des États-Unis.

Par ailleurs, un bon nombre d’athlètes de sexe masculin présentant des variations du développement sexuel (DSD XY) ont participé dans les catégories féminines. Ainsi, en 2016, le podium féminin du 800 m en athlétisme a été entièrement occupé par trois athlètes DSD (XY) atteints d’un déficit en 5‑alpha‑réductase (5‑ARD). Le cas le plus récent et le plus connu est certainement celui d’Imane Khelif (DSD XY, 5‑ARD), gagnant d’une médaille d’or en boxe féminine à Paris 2024 [22].

Le point important ici est que Mme Dubé‑Moreau semble suggérer que, puisque les cas sont rares, il n’y aurait pas lieu de les réglementer. Or, dire qu’il ne faut pas de règles parce qu’il y a « peu » d’hommes ou de femmes trans qui souhaitent participer dans les catégories féminines, c’est comme affirmer qu’on pourrait abolir les contrôles antidopage parce que la majorité des athlètes sont propres. En sport de haut niveau, un seul cas suffit à fausser un podium, voler une médaille et compromettre des années d’entraînement chez les autres. On ne réglemente pas seulement en fonction du nombre de cas, mais en fonction de l’impact sur l’équité et la sécurité.

C’est la même logique que pour les catégories de poids en boxe ou en judo : même s’il y a très peu de poids lourds qui voudraient descendre chez les poids plumes, on maintient des limites strictes parce qu’un seul gabarit nettement supérieur rendrait la compétition inéquitable et plus dangereuse. Pour les catégories féminines, il suffit de quelques individus bénéficiant d’un « avantage physiologique masculin » pour faire disparaître des femmes des podiums. Les règles ne sont donc pas là pour « exclure une minorité rare », mais pour protéger l’intégrité du sport féminin et la sécurité des athlètes qui y participent.

CONCLUSION

J’ai été étonné par la faiblesse des arguments scientifiques de ce segment et par la pauvre qualité générale de cette chronique. J’ai surtout été surpris par la tendance de l’animatrice et de la commentatrice à présenter comme suspects les efforts du CIO pour protéger la catégorie féminine. Il ne s’agit pourtant ni de transphobie ni d’un réflexe idéologique : l’objectif du CIO est de préserver l’équité et la sécurité dans le sport féminin, afin que celui-ci reste crédible, valorisé et qu’il continue de jouer un rôle social majeur auprès des filles et des femmes.

La décision du CIO n’exclut pas les personnes trans des Jeux olympiques : elle précise les conditions d’accès aux différentes catégories. Toute personne, y compris une personne transgenre, peut concourir dans la catégorie correspondant à son sexe biologique.

Puisque cette émission a contribué à désinformer le public sur plusieurs enjeux liés à la décision du CIO sur l’admissibilité dans la catégorie féminine, il est important qu’un rectificatif soit apporté en ondes.

Références

[1] https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/2386839/fille-sports-avec-florence-agathe-dube-moreau

[2] https://kpe.utoronto.ca/sites/default/files/donnelly-donnelly—sex-testing-naked-inspections-the-olympic-games.pdf

[3] Linda Blade, 2024, « The Dystopian History of Sex Testing in Women’s Sports », Reality’s Last Stand, 1er janvier 2024 ; https://www.realityslaststand.com/p/the-dystopian-history-of-sex-testing

[4 [Bermon S, Coleman DL, Handelsman DJ. SRY gene screening in elite Athletics: rationale, science and implementation of the World Athletics Regulations. British Journal of Sports Medicine 2026;60:839-841.

[5] Statement of the Stockholm consensus on sex reassignment in sports https://stillmed.olympic.org/Documents/Reports/EN/en_report_905.pdf

[6] IOC Consensus Meeting on Sex Reassignment and Hyperandrogenism November 2015. https://stillmed.olympic.org/Documents/Commissions_PDFfiles/Medical_commission/2015-11_ioc_consensus_meeting_on_sex_reassignment_and_hyperandrogenism-en.pdf

[7] Cadre pour l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation. https://www.olympics.com/cio/documents/athletes/cadre-pour-l-equite-l-inclusion-et-la-non-discrimination-sur-la-base-de-l-identite-sexuelle-et-de-l-intersexuation

[8] Lundberg, et coll. (2024), The International Olympic Committee framework on fairness, inclusion and nondiscrimination on the basis of gender identity and sex variations does not protect fairness for female athletes. Scand J Med Sci Sports, 34: e14581. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/sms.14581

+

Joyner, M. J. et coll. 2024. Evidence on sex differences in sports performance. Journal of Applied Physiology 2025 138:1, 274–281 10.1152/japplphysiol.00615.2024 [9] Kuiri-Hänninen T, et coll. 2014. Activation of the hypothalamic-pituitary-gonadal axis in infancy: minipuberty. Horm Res Paediatr. 2014;82(2):73-80.

[10] Handelsman DJ,et coll.2018. Circulating Testosterone as the Hormonal Basis of Sex Differences in Athletic Performance. Endocr Rev. 2018 Oct 1;39(5):803–829. https://academic.oup.com/edrv/article/39/5/803/5052770

[11] Hilton, E.N., Lundberg, T.R.2021. Transgender Women in the Female Category of Sport: Perspectives on Testosterone Suppression and Performance Advantage. Sports Med 51, 199–214 (2021). https://link.springer.com/article/10.1007/s40279-020-01389-3

[12]Tiller NB, Elliott-Sale KJ, Knechtle B, Wilson PB, Roberts JD, Millet GY. Do Sex Differences in Physiology Confer a Female Advantage in Ultra-Endurance Sport? Sports Med. 2021 May;51(5):895–915. doi: 10.1007/s40279-020-01417-2. Epub 2021 Jan 27. PMID: 33,502,701. Et Tiller N, Illidi C. Sex differences in ultramarathon performance in races with comparable numbers of males and females. Appl Physiol Nutr Metab. 2024 Aug 1;49(8):1129–1136. doi: 10.1139/apnm-2024-0051. Epub 2024 Apr 29. PMID : 38 684 111.

[13] Thibault V, Guillaume M, Berthelot G, Helou NE, Schaal K, Quinquis L, Nassif H, Tafflet M, Escolano S, Hermine O, Toussaint JF. Women and Men in Sport Performance: The Gender Gap has not Evolved since 1983. J Sports Sci Med. 2010 Jun 1;9(2):214-23. PMID: 24149688; PMCID: PMC3761733.

[14] David J Handelsman, Toward a Robust Definition of Sport Sex, Endocrine Reviews, Volume 45, Issue 5, October 2024, Pages 709–736, https://doi.org/10.1210/endrev/bnae013

[15] García-Acero M, Moreno O, Suárez F, Rojas A. 2020. Disorders of Sexual Development: Current Status and Progress in the Diagnostic Approach. Curr Urol. 2020 Jan;13(4):169–178. doi: 10.1159/000499274. Epub 2020 Jan 7. PMID: 31,998,049; PMCID: PMC6976999.

[16] Fausto Sterling A. 2020. Sexing the body: Gender Politics and the Construction of Sexuality. Basic Books, NY.

[17] Dorais, M. 2024 La révolution des identités de genre enfin expliquée. Trécarré

[18] Wright, C.M. Why There Are Exactly Two Sexes. Arch Sex Behav 54, 3941–3945 (2025). https://doi.org/10.1007/s10508-025-03348-3

[19] Blade, L. 2023. Breaking the silence—Female athletes speak about safe and fair sport in Canada. https://macdonaldlaurier.ca/breaking-the-silence-female-athletes-speak-about-safe-and-fair-sport-in-canada/

[20] Hilton, E. et Wright, C. 2023. Two sexes. Dans A. Sullivan and S. Todd. Sex and Gender. (pp16-34). Routledge.

[21] Dawkins, R. 2025. Is the male Female divide a social construct or scientific reality? https://richarddawkins.substack.com/p/is-the-male-female-divide-a-social

[22] Imane Khelif opens up on “natural” male gene while agreeing to undergo testing for 2028 Olympics https://sports.yahoo.com/articles/imane-khelif-opens-natural-male-170726065.html



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Portrait de François Chapleau.

Lors de ma carrière universitaire de plus de 30 ans, en plus de mon programme de recherche, j’ai donné des cours sur une variété de sujets à des milliers d’étudiants. Parmi ceux-ci : la biologie évolutive, l’écologie et l’anatomie comparée des vertébrés, incluant un cours spécifiquement sur l’humain. Le concept de sexe binaire (mâle et femelle) est omniprésent et fondamental dans tous les cours et tous les programmes de recherche en biologie.

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