
Développé en 2014 par un groupe de pression transgenre[i], le « Gender unicorn »[ii] est un outil anti-binaire largement utilisé dans nos écoles, non pas pour sensibiliser nos jeunes à la réalité trans, mais pour leur enseigner les bases de l’idéologie du genre. Il est présent dans les sites du gouvernement « Boîte d’outils SansStéréotypes[iii] » et l’« École ouverte[iv] » et est utilisé par les partenaires invités dans les écoles dans le cadre du volet éducation sexuelle du cours de Citoyenneté et culture québécoise[v].
L’outil vise à inculquer à nos jeunes la fausse notion que tous les aspects de la sexualité sont à acquérir ou à décider par soi-même, et ce, sans contrainte biologique ou norme sociale à respecter. L’outil contient cinq notions : l’identité de genre, l’expression de genre, le sexe assigné à la naissance, l’attirance sexuelle et l’attirance sentimentale/émotionnelle.
Les élèves sont invités à se positionner sur les continuums (indiqués par une flèche) liés à chacun de ces aspects, en y inscrivant un X[vi].
Le jeune est informé qu’il contrôle tous les paramètres de son identité et qu’il peut les modifier au gré de ses ressentis, sans tenir compte de sa réalité biologique ou de son sexe. Cette prémisse est fausse et est incompatible avec une pédagogie saine de l’éducation sexuelle.
J’ai identifié 12 tares ou défauts/erreurs qui font que cet outil anti-binaire n’est en fait qu’un outil de propagande d’une idéologie qui n’a pas sa place dans nos écoles.
(Note : le Réseau éducation sexe-identité [Rési] offre également une critique intéressante de la Licorne du genre.) Voir https://reseau-esi.com/une-fausse-representation-de-la-realite-la-licorne-du-genre/
A) L’image de la licorne
1. Un seul individu représentant une créature imaginaire est utilisé pour illustrer le corps humain. Ceci permet d’occulter l’aspect binaire de l’identité sexuelle (mâle et femelle) de l’espèce humaine et d’introduire le concept d’identité de genre basé sur le ressenti (donc imaginaire). Cette licorne correspond à un déni de réalité et est une insulte à des siècles de connaissances scientifiques en biologie humaine.
2. L’image offre une perspective désincarnée du corps : le sexe est uniquement lié aux organes génitaux, le genre au cerveau (et à l’identité) et les attirances sexuelle et sentimentale sont placées près du cœur. Cette compartimentation, qui est mise en exergue à la droite de l’image, suggère une indépendance fonctionnelle des éléments (sexe, identité et attirance). Cette représentation graphique est fausse. En réalité, ces éléments sont interdépendants. Par exemple, l’identité d’une personne et son orientation sexuelle ne sont pas indépendantes du sexe. De plus, le sexe n’est pas seulement anatomique ou génétique, il a des ramifications et empreintes psychologiques.
B) L’identité de genre
3. L’identité de genre correspondrait « au profond sentiment d’être un homme ou une femme, de ne pas correspondre à l’un ni à l’autre, d’être les deux ou d’appartenir à un autre genre. »[vii] Ces identités peuvent prendre toutes les formes imaginables. De plus, elles seraient changeantes (fluides) chez un individu. Mais, surtout, elles seraient indépendantes de l’appartenance sexuelle. On expose ici les enfants à une idéologie qui s’appuie uniquement sur des ressentis changeants qui sont non empiriquement vérifiables et qui ignore la réalité binaire, observable et incontournable du sexe. C’est inacceptable.
4. Cet outil affirme que « tout le monde a une identité de genre, vous y compris »[viii]. Or, il n’y a aucun cadre prédictif ou mesurable à cette notion d’identité (sauf, possiblement, dans de rares cas cliniques de dysphorie par rapport au sexe). Il est donc faux de dire que tout le monde a une identité de genre[ix] ou que l’identité de genre est universelle. Ainsi, on se retrouve plus dans le domaine de la croyance que de la science et, tout comme pour la religion, l’enseignant devrait respecter la liberté de croire ou de ne pas croire des élèves et éviter d’imposer un exercice qui sert uniquement à promouvoir une idéologie subjective et irrationnelle.
5. Selon cet outil, les termes « féminin, femme et fille ainsi que masculin, homme et garçon ne sont pas nécessairement liés l’un à l’autre, mais constituent simplement des identités fréquemment utilisées »[x]. Or, la réalité est que la femme est la femelle de l’espèce humaine, l’homme, son mâle, et les filles et les garçons, ses formes sexuellement immatures. Cette obsession de vouloir détacher la personnalité des jeunes de leur sexe est malsaine.
C) Le « sexe assigné à la naissance »
6. Il est faux de dire que le sexe est « assigné » à la naissance. En fait, il est déterminé, définitif et immuable dès la formation de la première cellule chez les espèces sexuées par des chromosomes sexuels.[xi] Il est donc observé à la naissance. D’ailleurs, cette observation est exacte dans 99,98 % des cas[xii] et le 0,02 % restant ne constituent pas des exceptions à la binarité, mais des erreurs d’identification ou des ambiguïtés dues à des anomalies du développement sexuel.
7. De plus, selon les explications qui accompagnent « La licorne du genre », « l’assignation et la classification de personnes en tant qu’homme, femme, intersexe ou autre sexe sur la base d’une combinaison d’anatomie, d’hormones et de chromosomes. » Cette définition est fausse. Le sexe n’est ni un amalgame de traits biologiques[xiii] ni une construction sociale[xiv]. Il est défini en fonction du type de gamète que l’anatomie/physiologie d’une personne peut produire et il y en a deux types : petits = spermatozoïdes =sexe mâle ; gros = ovocytes = sexe femelle. Le sexe est donc strictement binaire et l’asymétrie des gamètes caractérise la reproduction sexuée de centaines de milliers d’espèces d’animaux et de plantes. Ne pas admettre cela est un déni de réalité.
8. L’image indique l’existence d’un troisième sexe : les personnes « intersexuées ». Ces personnes montrent des anomalies développementales du système sexuel et font partie de la diversité des mâles et des femelles[xv] puisqu’ils produiront, s’ils sont fertiles, l’un des deux types de gamètes possibles. Si elles sont stériles, d’autres marqueurs sexuels (organes sexuels internes/externes, chromosomes, etc.) permettront d’identifier le sexe. Même s’il est parfois difficile d’identifier le sexe d’une personne ayant une de ces anomalies, cela ne remet pas en question la binarité du sexe, car il n’y a pas de troisième gamète ou de troisième sexe. Il n’y a pas d’hermaphrodite chez les humains (individu capable de produire les deux types de gamètes)[xvi].
9. L’outil stipule qu’« il est important de ne pas utiliser le terme “sexe” en raison du flou de la définition du sexe et de sa place dans la transphobie »[xvii]. Un texte[xviii] est cité en appui à cette affirmation. On y lit que le simple fait de dire que le sexe est binaire relèverait de la transphobie, de la transmisogynie et de la haine. Ces affirmations relèvent de la désinformation et de l’intimidation. Le sexe binaire n’est pas une construction sociale anti-trans, mais une réalité bien ancrée dans la biologie[xix]. Nier une réalité observable ne l’élimine pas.
D) « L’attirance sexuelle » et « l’attirance sentimentale et émotionnelle. »
On a traduit l’expression « physically attracted to »[xx] par « attirance sexuelle » plutôt que par « attirance physique ».
Ainsi, on demande aux jeunes d’évaluer indépendamment les deux types d’attirance (sexuelle/physique et sentimentale/émotionnelle). Chaque jeune doit marquer un X sur un continuum pour chaque type d’attirance envers les « femmes », les « hommes » et les « autres genres ». Il lui faut savoir que ces attirances « peuvent être influencées par une variété de facteurs, notamment, mais non exclusivement, par l’identité de genre, l’expression/la présentation du genre et le sexe assigné à la naissance »[xxi], c’est-à-dire par les trois éléments du haut du graphique qu’il vient de remplir.
10. Donc, on ne laisse pas le jeune s’exprimer librement. On lui demande de définir ses attirances sexuelles (et son identité) dans un cadre qui nie la réalité binaire du sexe, qui impose une identité de genre immatérielle et subjective et qui rejette les normes sociales liées à la binarité (homme/femme, homosexuel/hétérosexuel, féminin/masculin). En acceptant de jouer un rôle dans ce processus fictif et possiblement délétère pour le développement de l’enfant, l’école trahit sa mission éducative fondée sur la réalité et l’esprit critique.
11. L’attirance (physique) sexuelle est définie comme étant l’équivalent de l’orientation sexuelle,[xxii] celle-ci devant surtout s’articuler en fonction de l’identité de genre. Ceci est problématique.
a.L’identité de genre étant un ressenti (un produit de l’activité cérébrale), il est impossible qu’elle soit un facteur dans l’attirance (physique) sexuelle, puisqu’elle ne peut pas être perçue par autrui.
b. Dans l’outil, les « hommes » et les « femmes » sur l’axe de l’attirance physique (ou sexuelle) devraient être définis en fonction de l’anatomie (sexe) et non pas en fonction du genre, comme c’est le cas dans la licorne. Ainsi, les termes « homosexualité » et « hétérosexualité » perdent en signification, puisque dans le cadre de l’identité de genre : un garçon peut se déclarer une « fille » et une fille peut se déclarer un « garçon ». Or, les groupes de défense des droits homosexuels revendiquent, avec raison, une orientation sexuelle liée exclusivement au sexe (pas au genre).
12. En répondant indépendamment aux deux types d’attraction (sexuelle et sentimentale), le jeune se voit confronter avec la possibilité déroutante d’une attirance sexuelle (physique) sans attirance sentimentale. C’est ce qu’on retrouve dans la pornographie. Voulons-nous vraiment que des jeunes du primaire et du secondaire perçoivent cette séparation des attirances comme étant normale ou naturelle ? [xxiii]
Conclusion
L’identité de genre n’est pas seulement enseignée dans nos écoles, elle est appliquée très tôt dans le cadre de l’éducation sexuelle de nos jeunes, sans qu’il y ait eu un débat éclairé sur sa pertinence.
Les 12 tares de la licorne du genre démontrent qu’il ne s’agit pas d’un outil pédagogique, mais d’un outil de propagande qui déforme la réalité du sexe et qui pousse les jeunes à définir de leur identité sexuelle sous de fausses prémisses alors qu’ils ne sont pas capables d’en analyser rationnellement les enjeux.
Cet entrisme idéologique dans nos écoles ouvre la porte à des questionnements aussi illogiques que destructeurs qui ne devraient pas exister chez nos jeunes les plus vulnérables et en plein développement. La licorne du genre et l’idéologie du genre n’ont pas leur place dans l’éducation sexuelle de nos enfants ni dans les écoles.
[i] Trans student educational resources (TSER)
[ii] Trans Student Educational Resources, 2015. “The Gender Unicorn.” http://www.transstudent.org/gender.
[iii] https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/enfance/developpement-des-enfants/consequences-stereotypes-developpement/boite-outils#c165189
[iv] https://ecoleouverte.ca/search/d9193b54-e7f9-41fc-b186-931eb127a7bc
[v] voir les activités de Gris-Montréal https://www.gris.ca/app/uploads/2023/08/GRI2301_Guide-Trans_2023_FR_complet_web_LowRes.pdf p.22
[vi] Exemple d’application : https://www.gris.ca/app/uploads/2023/08/GRI2301_Guide-Trans_2023_FR_complet_web_LowRes.pdf p.24
[vii] Trans Student Educational Resources, 2015. “The Gender Unicorn.” http://www.transstudent.org/gender.
[viii] Ibid
[ix] Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire 5. Sexe, genre et société » https://youtu.be/kZ_nwkaXOj0 (avec texte et références sur www.lesexeestbinaire.com )
[x] Trans Student Educational Resources, 2015. “The Gender Unicorn.” http://www.transstudent.org/gender.
[xi] Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire : 2. Les personnes intersexes n’invalident pas la binarité sexuelle » lien https://youtu.be/nI9lvjxPFQU (avec texte et références sur www.lesexeestbinaire.com )
[xii] ibid
[xiii] Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire 3. Le sexe n’est pas un continuum. » https://youtu.be/giCZ2zWmnz8
[xiv]Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire 4. Le sexe n’est pas une construction sociale. »
https://youtu.be/-MM0krDt6MI
[xv] Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire : 2. Les personnes intersexes n’invalident pas la binarité sexuelle » lien https://youtu.be/nI9lvjxPFQU (avec texte et références sur www.lesexeestbinaire.com )
[xvi] Ibid
[xvii] Trans Student Educational Resources, 2015. “The Gender Unicorn.” http://www.transstudent.org/gender.
[xviii] It’s Time For People to Stop Using the Social Construct of “Biological Sex” to Defend Their Transmisogyny. https://www.autostraddle.com/its-time-for-people-to-stop-using-the-social-construct-of-biological-sex-to-defend-their-transmisogyny-240284/
[xix]Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire 4. Le sexe n’est pas une construction sociale. »
https://youtu.be/-MM0krDt6MI
[xx] Trans Student Educational Resources, 2015. “The Gender Unicorn.” http://www.transstudent.org/gender.
[xxi] Ibid
[xxii] Ibid
[xxiii] https://reseau-esi.com/une-fausse-representation-de-la-realite-la-licorne-du-genre/






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